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Au sud de la frontière, un flot constant de statistiques annonce de mauvaises nouvelles pour la puissante économie américaine. Dans le sillage de la fameuse crise des prêts hypothécaires à haut risque, le prix des maisons a atteint un plancher historique et le chômage augmente.
Toutefois, au nord de la frontière, le scénario est complètement différent. Avec le prix du pétrole qui atteint de nouveaux sommets, l’industrie des sables bitumineux est en pleine effervescence en Alberta, tandis que dans les régions minières prospères comme celle de Sudbury, en Ontario, le prix des maisons croît rapidement. « L’économie du Canada fait preuve d’une grande résilience », souligne Robert Fairholm, directeur du Centre for Spatial Economics, une société de consultation et de prévisions économiques établie à Milton, en Ontario. « Il n’y a absolument aucun signe de récession ici. »
Les statistiques sont encourageantes. Par exemple, Statistique Canada déclarait en février que le taux de chômage, qui est tombé à 5,8 % en janvier, n’a jamais été aussi faible au pays depuis 33 ans. De plus, la Société canadienne d’hypothèques et de logement a signalé que la construction résidentielle a fait un bond de plus de 20 % après avoir accusé un recul en décembre, et atteint un taux annualisé de 222 700 unités. Les dépenses de consommation sont également vigoureuses.
« Nous n’avions encore jamais vu les 10 provinces déclarer des excédents d’une manière aussi uniforme. »
–Pedro Antunes, directeur des prévisions provinciales et nationales,
Conference Board du Canada.
Les manufacturiers ont été durement touchés par la force du dollar canadien et l’affaiblissement de la demande d’exportation en provenance des États-Unis, mais d’autres secteurs sont cependant en ébullition. La plupart des industries du secteur primaire fonctionnent en effet à plein régime, puisque la demande croissante en marchandises dans les pays en développement rapide comme la Chine et l’Inde entraîne l’augmentation des prix du pétrole, du nickel, du cuivre, du minerai de fer et de l’uranium. Les gouvernements du pays sont également en excellente situation. « Nous n’avions encore jamais vu les 10 provinces déclarer des excédents d’une manière aussi uniforme », affirme Pedro Antunes, directeur des prévisions provinciales et nationales au bureau d’Ottawa du Conference Board du Canada. « L’économie intérieure affiche un tel dynamisme qu’en dépit d’un ralentissement dans le secteur du commerce, nous estimons la situation plutôt satisfaisante. »
Une pÉriode propice pour augmenter la productivitÉ
La forte activité économique qui se maintient au Canada offre aux entreprises une occasion parfaite de mettre à jour leur technologie et de devenir plus concurrentielles. Par exemple, de légères améliorations à l’infrastructure de communications peuvent nettement contribuer à simplifier les processus d’affaires. « La technologie évolue rapidement, et les entreprises canadiennes ont beaucoup de retard à rattraper », note Walid Hejazi, professeur agrégé d’affaires internationales à la Rotman School of Management de l’Université de Toronto. « La faible valeur du dollar canadien a cessé d’encourager les sociétés canadiennes à innover », explique-t-il. « Elles doivent maintenant se mettre à jour et devenir plus productives. »
La forte activité économique qui se maintient au Canada offre aux entreprises une occasion parfaite de mettre à jour leur technologie et de devenir plus concurrentielles.
Les entreprises peuvent accroître leurs activités et leur efficacité en actualisant leurs solutions de télécommunications, qui leur font alors économiser en réduisant les délais de mise en marché. Si elles ne le font pas, cela peut finir par leur coûter plus cher à long terme. Les technologies de communications actuelles aident les entreprises à mieux contrôler leurs coûts. Elles permettent aux employés de devenir plus productifs et contribuent aussi à augmenter les ventes en renforçant la qualité et la fréquence des interactions avec les clients. Les technologies de pointe contribuent de plus à prévenir les brèches de sécurité qui peuvent s’avérer désastreuses.
C’est le moment d’investir. Les fortes réductions apportées par la Banque du Canada aux taux d’intérêt ont diminué le coût des emprunts à contracter pour investir dans les nouvelles technologies. La vigueur du dollar canadien facilite aussi pour de nombreuses entreprises l’achat de nouvel équipement », explique M. Antunes, soulignant que les deux derniers budgets du gouvernement fédéral ont permis aux entreprises d’accélérer l’amortissement de leurs dépenses en immobilisations. La réduction des taux d’imposition des sociétés rend aussi les dépenses stratégiques plus abordables. M. Antunes ajoute que le gouvernement fédéral a l’intention de réduire le taux d’imposition des sociétés à 15 % d’ici 2012, ce qui représente une baisse d’environ 22 % par rapport à 2007. « En fin de compte, il s’agit de gains de productivité, et c’est ainsi que les entreprises peuvent devenir concurrentielles en dépit des difficultés économiques actuelles. »
La capacitÉ concurrentielle est la meilleure des protections
On hésite encore à déclarer officiellement une récession de l’économie américaine, mais il est certain qu’elle traversera une période difficile. Pour le moment, la vigueur relative de l’économie canadienne continue d’afficher des signes encourageants de croissance mais, pour s’assurer de maintenir leur prospérité pendant le ralentissement économique au sud de la frontière, les entreprises doivent maximiser leur productivité et rationaliser leurs processus pour être en mesure d’absorber les turbulences à venir.
Les entreprises qui saisissent dès maintenant l’occasion d’augmenter leur productivité seront prêtes à accélérer leur croissance quand l’économie mondiale se stabilisera, ce qui pourrait se produire vers la fin de l’année. « Par conséquent, il nous faut trouver des moyens de devenir plus concurrentiels », explique M. Antunes. « Les périodes difficiles provoquent parfois des changements nécessaires ». En définitive, une capacité concurrentielle croissante est aussi profitable pour les entreprises prises individuellement que pour l’économie canadienne dans son ensemble. |